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Prévention des Infections Associées aux Soins


Les Infections Associées aux Soins (IAS) sont les infections contractées par les patients durant leur séjour dans un établissement de soins. Elles constituent un problème majeur de santé publique et restent encore aujourd’hui la principale préoccupation des patients entrant à l’hôpital.

La survenue d’une IAS dépend de la situation médicale du patient. Des facteurs de risque existent, comme l’âge du patient, sa pathologie (immunodépression), la pratique de soins invasifs (sonde urinaire, cathéter), les traitements antibiotiques qui sélectionnent les bactéries résistantes, ou encore certaines interventions chirurgicales invasives (chirurgie orthopédique et cardiaque).

La dernière enquête nationale de prévalence montre que les IAS les plus fréquentes sont les infections urinaires (30,3% des cas), devant les pneumopathies (14,7%, le plus souvent en réanimation) et les infections du site opératoire (14,2%). Les bactériémies et les infections liées aux cathéters représentent respectivement 6,4% et 2,8% des IAS.

Les bactéries le plus souvent responsables de ces infections sont Escherichia coli (24,7% des cas), Staphylococcus aureus (18,9%) et Pseudomonas aeruginosa (10,0%).

La résistance des bactéries aux antibiotiques devient problématique : S. aureus résistant à la méticilline (SARM), entérocoques résistants à la vancomycine (ERV), ou encore bactéries productrices de beta-lactamase à spectre étendu (BLSE).

La prévention des IAS doit donc s’inscrire dans une démarche globale de gestion des risques hospitaliers afin de maîtriser l’ensemble de ces facteurs.
 


QUELQUES CHIFFRES

En France 5% des hospitalisations sont compliquées par une IAS. Cela représente 750 000 cas chaque année.

Toutes les infections n’ont pas la même gravité. Celle-ci dépend à la fois de la virulence de l’agent infectieux et de l’état du patient. Les infections urinaires sont en général sans gravité, alors que certaines infections pulmonaires ou certaines septicémies peuvent entraîner la mort.

On estime que les IAS sont à l’origine de 9000 décès par an, dont 4200 patients pour lesquels le pronostic vital n’était pas engagé à leur entrée à l’hôpital. Cela représente 80 décès chaque semaine directement imputables aux IAS.

Outre les décès, les infections associées aux soins sont la cause de séquelles souvent considérables à moyen et long termes, notamment au niveau fonctionnel.


Le coût annuel associé aux IAS en France est estimé entre 2,4 et 6 milliards d’euros, essentiellement dû à un allongement de la durée d’hospitalisation (5 à 20 jours en moyenne) et aux traitements anti-infectieux.

Les coûts attribuables aux IAS varient selon le type d’infection, la pathologie du patient, le type de bactérie, le site d’infection (de 500 € pour une infection urinaire à 40000 € pour les bactériémies les plus sévères en réanimation).

Le calcul du coût des infections nosocomiales doit également prendre en compte celui de l’indemnisation du dommage. La loi du 4 mars 2002 relative au droit des malades inscrit les IAS comme un des préjudices liés aux soins ouvrant droit à réparation. La responsabilité de l’établissement de santé est automatique, sauf s’il parvient à prouver que l’infection est due à une cause étrangère, et il revient à l’assureur de l’établissement de prendre en charge la réparation.

De nombreuses études montrent que les coûts liés aux IAS sont nettement supérieurs à ceux observés lors de la mise en place des programmes de prévention. A l’échelle nationale,  une baisse de seulement 10% du taux d’IAS conduirait à une économie de 240 à 600 millions d’euros.

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PREVENTION DES IAS

Les infections associées aux soins ne sont pas une fatalité. La prévention des IAS s’inscrit dans une démarche globale de gestion des risques hospitaliers et repose sur trois dispositions principales :

- Le respect des mesures d’hygiène, essentiellement le lavage des mains, est bien sûr indispensable.
- L’isolement des patients porteurs permet d’éviter la propagation des infections et les contaminations croisées.
- Enfin, les patients colonisés peuvent être amenés à recevoir un traitement antibiotique adapté.


Pour être efficace, ces mesures doivent être mises en place rapidement. C’est pourquoi les patients colonisés doivent être identifiés le plus tôt possible et signalés lors de leurs transferts. Une identification dès l’admission permet une prise en charge précoce des patients et diminue le risque d’infections croisées. Un dépistage peut également être effectué pendant le séjour du patient à l’hôpital : contact avec un patient porteur identifié, patients dont la durée de séjour est importante, patients hospitalisés dans des services à risque.

Aux Pays Bas et dans les pays scandinaves, le taux de SARM est inférieur à 1% alors qu’il se situe à des taux importants en France, au Royaume Uni, en Allemagne, en Belgique ou aux Etats-Unis (20 à 50% des souches sont résistantes à la méticilline, pour une incidence de l’ordre de 0,5 à 1 cas pour 1000 journées d’hospitalisation).

Les pays scandinaves et les Pays Bas, pour obtenir un taux faible de SARM, ont mis en place une politique dite de « search and destroy ». Le dépistage des patients dès leur arrivée à l’hôpital permet d’identifier le portage asymptomatique. La recherche de SARM est aussi systématique après détection d’une infection dans un service (y compris pour le personnel soignant) et chez les patients à risque (patients ayant séjournés plus de 24h dans un autre hôpital, ou ayant subi une opération récente…). Les patients porteurs sont traités à la mupirocine et placés en isolement jusqu’à ce que les résultats confirment l’absence de SARM.

En France, la Clinique des Cèdres (Echirolles - Isère) a reçu le Trophée Innovation médicale par la Fédération de l’Hospitalisation Privée. Dans une démarche de prévention du risque infectieux, la clinique des Cèdres a mis en place dès 2007 un dépistage systématique rapide (BD GeneOhm™ StaphSR) des staphylocoques dorés résistants et sensibles à la méticilline à l’admission des patients.  
 


ASPECTS REGLEMENTAIRES

En France, le système réglementaire relatif à l’organisation de la surveillance et de la prévention des infections nosocomiales a été mis en place depuis le décret du 6 mai 1988, rendant obligatoire la création d’un Comité de Lutte contre les Infections Nosocomiales (CLIN) dans tous les établissements de santé publics ou participant au service public.

Depuis 2004, l’accent est mis sur les principes de qualité des soins, de transparence des résultats des activités de soins et d’information des patients. Des tableaux de bord sont par exemple rendus publics régulièrement par le ministère de la santé.

Le programme national de lutte contre les infections nosocomiales 2009-2012 fixe des objectifs de résultats visant à réduire significativement le nombre d’IAS et la fréquence des bactéries multi-résistantes aux antibiotiques pour 2012 :

  • La proportion des SARM parmi S. aureus doit être inférieure à 20% et celle des souches d’entérocoques faecium résistants aux glycopeptides doit rester inférieure à 2%
  • L’incidence des bactériémies à SARM doit diminuer de 50% d’ici à 2012
  • L’incidence des infections du site opératoire (ISO) doit diminuer de 30%
  • L’incidence des bactériémies associées aux Cathéters Veineux Centraux (CVC) doit diminuer de 50% et être inférieure à 1/1000 jours d’exposition aux CVC
  • L’incidence des Accidents Exposant au Sang (AES) doit baisser de 25%

Le ministère de la santé a récemment mis l’accent sur l’importance pour les établissements de soins de s’engager dans une démarche d’amélioration de la qualité et de la sécurité des soins. Les indicateurs de résultats seront, à côté des indicateurs de moyens, de plus en plus utilisés. De nouveaux indicateurs seront mis en place, accessibles au grand public, qui porteront sur la qualité de la prise en charge dans les établissements de santé.


En Europe, les IAS touchent 4,1 millions de patients par an. La mobilité des patients et des professionnels de santé facilitent la transmission de ces infections. Par ailleurs elles sont souvent difficiles à traiter à cause de la résistance aux antibiotiques des micro-organismes.

La sécurité des patients et la prévention des IAS sont donc devenues un élément essentiel du programme législatif et de travail de la Commission européenne. Récemment, la Commission a publié une communication et une proposition de recommandation du Conseil sur la sécurité des patients, concernant notamment la prévention des IAS et la lutte contre ces infections.
 


BD S’ENGAGE DANS LA LUTTE CONTRE LES IAS

 

BD est engagé depuis plus de 10 ans dans la lutte contre les IAS, tant au niveau du diagnostic que de la prévention, en cohérence avec sa mission : « pour que chacun vive en bonne santé »


 

  • Prévention des bactéries multi-résistantes :
    • BD GeneOhm™ MRSA ACP : test moléculaire rapide par PCR en temps réel pour la détection du S. aureus résistant à la méticilline à partir d’un écouvillon nasal.
    • BD MAX™ : automatisation totale des tests PCR pour une utilisation simple, flexible et efficace des tests de biologie moléculaire.
    • BD GeneOhm™ Cdiff : test moléculaire combinant rapidité, sensibilité et spécificité pour la détection de Clostridium difficile à partir d’un écouvillon de selle.
    • BD BBL™ CHROMagar™ MRSA : milieux sélectifs et différentiels pour la détection, l’identification et le dépistage des SARM.

 

 

  • Prévention des infections associées aux cathéters :
    • BD Nexiva™ : système d’accès veineux périphérique sécurisé et clos.
    • BD Posiflush™ : seringues pré-remplies de chlorure de sodium pour rinçage de dispositifs d'accès vasculaire.
    • BD Q-Syte™ : système clos sans aiguille pour perfusions intraveineuses.

 

  • Identification rapide et choix des antibiotiques :
    • BD Bactec™ FX : 10ème génération d’automates BD pour les hémocultures.
    • BD GeneOhm™ StaphSR : détection et différentiation du S. aureus résistant et sensible à la méticilline en moins de 2 heures, à partir d’un écouvillon nasal, de plaie ou d’une hémoculture positive.
    • BD Phoenix™ : automate pour l’identification d'un micro-organisme et l'étude de sa sensibilité aux antibiotiques.
    • BD EpiCenter™ : outil de communication pour le laboratoire et les établissements de soins.

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Bode et al, Preventing Surgical-Site Infections in Nasal Carriers of Staphylococcus aureus, The new England journal of medicine 362;1 – January 2010

Rapport sur la politique de lutte contre les infections nosocomiales - A. Vasselle, OPEPS, juin 2006

Enquête nationale de prévalence des infections nosocomiales - InVS et Raisin, juin 2006

J. Kluytmans, Control of meticillin-resistant Staphylococcus aureus (MRSA) and the value of rapid tests, Journal of Hospital Infection (2007) 65(S2) 100–104

Surveillance des bactéries multirésistantes dans les établissements de santé en France - réseau BMR-Raisin, résultats 2006

Rapport annuel 2007 – EARSS (European Antimicrobial Resistance Surveillance System)
Infections nosocomiales : nouvelles mesures de lutte et classement des établissements de santé & Mise en place des indicateurs de sécurité du patient et de qualité des soins - Ministère de la santé et des sports, dossier de presse du 21 janvier 2009

Annual epidemiological report on communicable diseases in Europe - ECDC, 2008

Communication de la Commission relative à la sécurité des patients, y compris la prévention des infections associées aux soins et la lutte contre celles-ci - décembre 2008