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Les infections à Clostridium difficile (ICD) sont la première cause de diarrhées infectieuses nosocomiales chez l’adulte. Clostridium difficile est en effet responsable de 15 à 25% des diarrhées post-antibiotiques et de plus de 95% des cas de colites pseudomembraneuses (CPM). La mortalité associée à ces infections varie de 0,6 à 1,5% mais peut atteindre 35 à 50% en cas de complications (mégacôlon, perforation).
Compte tenu de la diffusion ces dernières années d’une souche particulièrement virulente (souche 027)et de la persistance des spores dans l'environnement, la prévention ainsi qu’un diagnostic rapide et fiable semblent être des mesures clés pour le contrôle de ces infections.
Physiopathologie
Incidence des ICD
L’incidence de ces infections dépend de plusieurs paramètres : le type de service, la pression antibiotique, l’importance des contacts entre patients (mesures d’isolement), la sensibilisation des médecins à prescrire une recherche de Clostridium difficile chez les patients présentant une diarrhée post-antibiotique.
Facteurs de risque
Le coût des ICD LE RÔLE DES TOXINES DANS LA PATHOGENICITE Seules les souches toxinogènes de C. difficile sont pathogènes : elles sécrètent deux toxines (toxines A et B) qui agissent en synergie au niveau de la muqueuse digestive : augmentation de la perméabilité des cellules, effet cytotoxique, induction d’une réaction inflammatoire intense. La souche 027, particulièrement virulente, a été isolée pour la première fois en France en 2006 et a été responsable d’une épidémie dans le Nord - Pas de Calais de janvier 2006 à mars 2007. Cette souche présente une hyperproduction des toxines A et B.
Certains travaux ont montré que la toxine B a un effet cytotoxique 1000 fois plus important que la toxine A sur des cellules en culture. D’autres études ont récemment montré que c’est la toxine B qui est le facteur majeur de virulence et qui est responsable de l’ICD. La méthode de référence pour le diagnostic des ICD (test de cytotoxicité cellulaire) repose sur la détection de la toxine B dans les selles. En plus de ces deux toxines, certaines souches de Clostridium difficile produisent une toxine binaire, dont le rôle n’est pas clairement défini. Aucune relation n’a été établie entre la sévérité de l’infection et la présence de cette toxine binaire. On retrouve également cette toxine chez certaines souches non pathogènes, ce qui semble indiquer que la recherche de la toxine binaire n’est pas pertinente pour le diagnostic des ICD. Des recommandations pour le diagnostic, la surveillance, la prévention et le contrôle des ICD ont été diffusées en mai 2006 par le RAISIN. En décembre 2006, le ministère de la santé demandait de renforcer la surveillance de ces infections et présentait un plan d’actions pour le contrôle des ICD en France.
La prévention de la transmission croisée repose sur un diagnostic rapide afin de mettre en place le plus tôt possible les mesures d’isolement des patients symptomatiques (en chambres individuelles ou en regroupant les patients infectés dans la même chambre).
La mise en place de mesures d’hygiène complémentaires (de type contact) s’avère nécessaire.
L'éradication des réservoirs de Clostridium difficile dans l’environnement est difficile à obtenir en raison de la résistance des spores à de nombreux désinfectants (alcools, ammoniums quaternaires…). La désinfection des chambres chaque jour en utilisant de l’eau de Javel diluée apparaît comme le plus efficace. Le traitement des ICD débute, si possible, par l’arrêt du traitement antibiotique responsable. Si les symptômes persistent, si l’arrêt de l’antibiotique inducteur n’est pas envisageable, ou si le cas est sévère, un traitement par métronidazole peut être administré pendant 10 jours. En cas de contre-indication au métronidazole ou d’échec du traitement, une forme orale de vancomycine peut être utilisée pendant 10 jours. Les formes sévères d’ICD peuvent nécessiter un transfert en réanimation, voire la chirurgie en cas de mégacôlon toxique ou de perforation digestive.
Le traitement antibiotique des porteurs sains de Clostridium difficile n'est pas recommandé car il s'avère inefficace pour éradiquer définitivement cette bactérie du tube digestif. Il est recommandé d’évoquer le diagnostic des ICD devant la présence de toute diarrhée post-antibiotique. Différents tests sont disponibles, qui reposent soit sur la mise en évidence d’une souche toxinogène de Clostridium difficile dans les selles, soit sur la détection des toxines dans les selles. 1) Mise en évidence de Clostridium difficile dans les selles
- Détection de la GDH :
- Culture toxigénique : La culture seule ne permet pas de dire si la souche est toxinogène. Elle doit donc être couplée à un test de recherche des toxines. La culture toxigénique est une méthode sensible, qui permet d’étudier les colonies isolées. Cette méthode est par contre longue (2 à 4 jours) et nécessitent de nombreuses manipulations.
- Test de cytotoxicité :
- Les tests immuno-enzymatiques :
- Biologie moléculaire :
- Le test BD GeneOhm™ Cdiff :
Grâce à l’obtention de résultats rapides, sensibles et spécifiques, les mesures de prévention peuvent être mises en place précocement, et permettre ainsi une diminution du nombre d’infections. Si le résultat du test est négatif, on évite un traitement antibiotique inadapté et les précautions inutiles d’isolement. Le médecin peut alors chercher une nouvelle cause aux symptômes du patient. Pour en savoir plus sur la gamme BD GeneOhm™ : Les solutions BD GeneOhm™ ont été développées pour aider à améliorer le devenir du patient en proposant des tests moléculaires rapides, coût-efficaces, pour la prévention et l’identification des IAS :
Barbut F. et al - Rapid Detection of Toxigenic Strains of Clostridium difficile in Diarrheal Stools by Real-Time PCR, JCM Apr. 2009, p.1276-1277 Haut Conseil de la Santé Publique - Avis relatif à la maîtrise de la diffusion des infections à Clostridium difficile dans les établissements de santé français, 2008 InVS, RAISIN - Conduite à tenir : diagnostic, investigation, surveillance, et principes de prévention et de maîtrise des infections à Clostridium difficile, 2006 InVS, RAISIN - Enquête nationale de prévalence des infections nosocomiales, juin 2006 InVS, RAISIN - Incidence des infections à Clostridium difficile en France, 2005-2006. Enquête rétrospective à partir des laboratoires participant au réseau BMR-Raisin, mai 2008 Lyras et al - Toxin B is essential for virulence of Clostridium difficile, Nature 2009 Notice technique BD GeneOhm™ Cdiff Riegler et al - Clostridium difficile toxin B is more potent than toxin A in damaging human colonic epithelium in vitro. J Clin Invest 1995 ; 95:2004 11 Vonberg et al - Costs of nosocomial Clostridium difficile-associated diarrhoea, 2008
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