Introduction
Quels sont les facteurs de risque ?
Comment se transmettent les SARM ?
Comment prévenir la transmission ?
Comment traiter les infections ?
Comment identifier les S.aureus et les SARM ?
Le Staphylocoque doré résistant à la méticilline (SARM) est la bactérie multi-résistante la plus fréquemment retrouvée dans les Infections Associées aux Soins.
Le Programme national de prévention des infections nosocomiales 2009/2013 en fait d’ailleurs une priorité avec la mise en place de l’indice SARM (premier indicateur de résultat) accompagné d’un objectif de réduction attendu pour 2012 (diminution de 25% du taux d’incidence des SARM isolés de prélèvements cliniques pour 1000 journées d’hospitalisation par rapport à 2008).
Staphylococcus aureus
Staphylococcus aureus est une bactérie que l’on trouve souvent sur la peau, au niveau des narines ou des aisselles des personnes en bonne santé. Pour ces personnes, le portage de S. aureus est asymptomatique. Environ 30% des sujets sains sont ainsi colonisés par S. aureus, les staphylocoques étant présents mais ne provoquant pas d’infection.
Ces porteurs sains peuvent cependant transmettre la bactérie à d’autres personnes plus vulnérables (immunodépression, plaie) et il arrive alors que S. aureus soit à l’origine d’infections cutanées (abcès, furoncles). Les infections peuvent se compliquer car la moindre lésion cutanée peut donner l'occasion à la bactérie de proliférer (infection urinaire, septicémie ou pneumonie pour les cas les plus graves).
Les infections communautaires de S. aureus, en dehors des établissements de santé, sont moins fréquentes.
Après les salmonelles, S.aureus ext également la deuxième bactérie responsable d’intoxications alimentaires. Ce sont les entérotoxines produites par des souches se multipliant dans les aliments qui déclenchent les symptômes : vomissements violents et répétés, souvent accompagnés de diarrhées.
Les SARM
On utilise généralement la méticilline pour traiter les infections à S. aureus. Les SARM (Staphylococcus aureus Résistant à la Méticilline) sont des souches de S. aureus qui ont développé une résistance à de nombreux antibiotiques (méticilline et autres beta-lactame).
Ce sont les bactéries multi-résistantes le plus fréquemment retrouvées. Lors de l’enquête nationale de prévalence 2006, S. aureus était à l’origine de 18,9% des infections nosocomiales. La prévalence des infections à SARM était de 0,41%.
Les SARM ne causent pas davantage d'infections que les autres staphylocoques, mais ils peuvent entraîner une hospitalisation et un traitement plus longs.
La plupart des infections à S. aureus peuvent être traitées avec des antibiotiques (méticilline). Le traitement des infections à SARM est beaucoup plus difficile en raison de la prévalence élevée des souches multirésistantes aux antibiotiques qui varie entre 20 et 50% en fonction des services hospitaliers. L'émergence récente de souches de SARM résistantes à la vancomycine laisse par ailleurs entrevoir une impasse thérapeutique.
QUELS SONT LES FACTEURS DE RISQUE ?
Des facteurs de risque existent, liés à l’état du patient (plaies, âge immunodépression) et au traitement reçu (hospitalisation prolongée, chirurgie invasive, sonde urinaire, cathéters…).
L'utilisation fréquente et prolongée ou assidue d'antibiotiques peut accroître le risque d'infection
COMMENT SE TRANSMETTENT LES SARM ?
Les SARM ne se propagent pas dans l’air et se transmettent par contact physique, principalement d’un patient à l’autre par l’intermédiaire des mains du personnel soignant. Les mains du personnel soignant peuvent en effet être contaminées au contact de patients, de surfaces de travail, d'appareils contaminés, ou de liquides organiques contenant des SARM. Le risque de transmission du SARM d’une personne porteuse à des visiteurs ou des membres de sa famille est plus faible.
COMMENT PREVENIR LA TRANSMISSION ?
En milieu hospitalier, des mesures draconiennes d'hygiène et d'isolement des patients sont requises pour limiter la dissémination de ces bactéries. La transmission des SARM peut être évitée par le respect des mesures d’hygiène.
Principalement le lavage des mains (solution hydro-alcoolique) avant et après avoir été en contact avec les patients, après le retrait des gants ; le port de gants pour les soins présentant un risque de contact avec le sang, une plaie ; le nettoyage et la stérilisation du matériel servant à soigner les malades ; le port d’une protection (masque, surblouse…) pour les soins mouillants ou exposant à des projections.
L’isolement ou le regroupement des patients porteurs de SARM dans une même chambre permet aussi d’éviter les contaminations croisées.
L’identification rapide des patients porteurs, dès leur admission, permet de mettre en place plus rapidement les mesures de prévention collective (isolement) et individuelle (décontamination des patients colonisés).
COMMENT TRAITER LES INFECTIONS ?
Un traitement à la mupirocine par application nasale, plusieurs fois par jour, est généralement utilisé. La plupart des souches de SARM peuvent également être traitées avec la vancomycine. D’autres antibiotiques comme le linezolide sont testés pour les souches de SARM résistantes à la vancomycine. Le traitement antibiotique est souvent accompagné par une toilette corporelle du patient avec un savon antiseptique.
COMMENT IDENTIFIER LES S.AUREUS ET LES SARM ?
Si une infection à S.aureus est suspectée, un échantillon de sang, d’urine ou un écouvillon de plaie (selon le type d’infection) peut être envoyé au laboratoire. Si une souche de S.aureus est identifiée, d’autres tests de sensibilité aux antibiotiques peuvent être réalisés. Le dépistage des porteurs sains peut être fait grâce à un écouvillon nasal.
BD Diagnostics – Diagnostic Systems a développé un ensemble de solutions fiables et innovantes pour la détection des Staphylocoques aureus sensibles et résistants à la méticilline :
Prévention des bactéries multi-résistantes :
Identification rapide et choix des antibiotiques :
Circulaire n°DHOS/E2/DGS/RI/2009/272 du 26 août 2009 relative à la mise en œuvre du programme national de prévention des infections nosocomiales 2009/2013
Enquête nationale de prévalence des infections nosocomiales - InVS et Raisin, juin 2006
Centre National de Référence des Staphylocoques
J. Kluytmans, Control of meticillin-resistant Staphylococcus aureus (MRSA) and the value of rapid tests, Journal of Hospital Infection (2007) 65(S2) 100–104
Bode et al, Preventing Surgical-Site Infections in Nasal Carriers of Staphylococcus aureus, The new England journal of medicine 362;1 – January 2010
Annual epidemiological report on communicable diseases in Europe - ECDC, 2008
Rapport annuel 2007 – EARSS (European Antimicrobial Resistance Surveillance System)
Infections nosocomiales : nouvelles mesures de lutte et classement des établissements de santé & Mise en place des indicateurs de sécurité du patient et de qualité des soins - Ministère de la santé et des sports, dossier de presse du 21 janvier 2009
Institut Pasteur